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Gavino Strebel

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De gauche à droite: Jörg, Frank, Cédric, Edgar à l’arrière plan: Else, Anna

Un après-midi, dans une ville de l’Allemagne du nord, après le vernissage d’une exposition:

Jörg: Est-ce que tu as compris les thèmes du peintre?

Frank: Tu veux dire ce qu’il a voulu exprimer par ces tableaux?

Cédric: Je ne sais pas encore comment je m’en sortirai à écrire un article là-dessus.

Herbert: Ah bon, pour moi ça va encore – prendre des photos, c’est plus facile qu’analyser la philosophie d’un tel représentant de l’art abstrait.

Cédric: Tu as beau-dire! Moi je me sens vachement sous pression. Premièrement parce qu’à la rédaction on boucle dans deux jours et deuxièmement parce que mon chef m’a déjà grondé pour mon dernier article qui était très négatif à propos de ce sujet. Lui, tu sais, c’est un amateur de l’art moderne….

Herbert: Quelle chance de ne pas être à ta place!

Cédric: C’est mal fait de m’avoir placé dans le ressort culture. Je regrette les temps quand j’étais encore responsable de la page gastronomique de mon journal.

Edgar: (à part) Pauvres cons! Comment le public devrait-il comprendre le message du peintre si ces deux-là, qui sont du métier, n’ont rien compris. Pour moi l’art abstrait est plus facile à comprendre parce que le concept de l’artiste est réduit à un minimum. En outre, l’artiste a expliqué ses œuvres de manière claire et nette. Quelle honte que le journal de notre ville ne puisse pas se permettre d’engager un critique d’art compétent. C’est la province!

Jörg: Pas du tout. Pour moi ce qui m’a attiré le plus c’était le vin et les canapés. Tu connais la blonde là-bas?

Frank: Non, mais j’aimerais bien la connaître.

Else: Moi j’ai l’impression que la brutalité dans l’expression de l’artiste a à voir avec son rapport avec les femmes.

Anna: Moi aussi! J’ai même eu l’impression que ces tableaux expriment la souffrance qu’il a éprouvé parce qu’il n’a jamais su faire durer une relation avec une femme.

Herbert: Moi, en tant que photographe, je trouve que les mots ne suffisent pas pour analyser l’art abstrait. Avec les mots on est figé tandis qu’avec l’œil seul – ou bien le tableau vu par le biais d’une photographie – l’interprétation est plus libre parce que chacun peut faire ses propres reflexions. Je ne crois pas qu’un tableau puisse avoir une seule interprétation. A mon avis il suffirait d’en faire un reportage photographique. Ton article sera donc bien inutile, bien au contraire de la page gastronomique. Quant à la qualité d’un restaurant ton jugement est capital, car tu fais profiter les lecteurs de tes propres expériences. Cherche à en convaincre ton chef!

Cédric: Ouf, quelle idée farfallue! Mais je trouve que ta critique est bien fondée. J’espère que mon chef va avaler ça.

Edgar: Je trouve extra que notre musée nous ait offert la possibilité de connaître l’œuvre d’un peintre à mon avis exceptionnel, mais malheureusement son niveau est trop intellectuel pour la moyenne des gens. Espérons qu’il sera compris du moins après sa mort!