Stefan Fischer // Johann Heinrich Füssli (1741-1825) // Ulysse entre Scylle et Charybde (1805)

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Je suppose que presque tout le monde connaît Ulysse ou en allemand Odysseus avec ses aventures qui sont appelés „L’Odyssée“. Johann Heinrich Füssli s’est laissé inspirer par cette histoire mythique qui a été racontée originairement par Homère. La scène dont le tableau parle est celle d’Ulysse entre Scylle et Charybde qui lui barrent le détroit entre l’Italie et la Sicile à lui . J’expliquerai ces deux noms après. D’abord je veux parler d’Ulysse. La première question que je me suis posée était: Pourquoi Ulysse ne porte-t-il pas de vêtements? Après quelques instants de contemplation intense, j’ai pensé que cela est pour nous montrer mieux son attitude défendante. Cette attitude est marquée par deux aspects:

Premièrement elle est marquée par la longue ligne que la jambe gauche, le haut du corps et le bras allongé avec le bouclier forment. On voit qu’Ulysse a peur de ce monstre qui s’entasse devant lui. Et il se comporte comme cela à juste titre: Ce monstre qu’on appelle Scylle est une femme avecsix têtes et douze pieds dans la forme de chiens sanglants qui restent aux voyageurs qui essaient d’éviter Charybde. Car Charybde était un monstre pas moins terrible que Scylle. Elle est un tourbillon d’eau qui absorbe l’eau de la mer trois fois par jour et le crache d’un bruit énorme. Ulysse perd six compagnons dans les museaux de Scylle. Füssli les a présentés de façon très impressionnante par des corps disloqués et des bras et jambes qui se tendent en tous sens. Le fait qu’Ulysse vient d’avoir éprouvé un massacre se montre aussi dans les rames cassées qui nagent auprès du bateaux.

Deuxièmement l‘attitude est marquée par la tête d’Ulysse qui exprime aussi la peur exorbitante en regardant en haut.

Füssli ne voulait pas seulement présenter la lutte inégale entre Ulysse et Scylle, mais aussi la succession des dangers dans lesquels le protagoniste se trouve. Le tourbillon de Charybde est indiqué par la descente de l’eau à la marge droite du tableau. Mais en ce moment que le peintre veux nous montrer, Ulysse ne perçoit pas encore le danger suivant. Ce n’est que le spectateur qui a ce pressentiment. Ulysse est absolument occupé de Scylle. Pour moi cela représente la tension principale dans ce tableau de Füssli.

Somme toute j’ai une impression sombre en regardant cette peinture. Les couleurs claires comme le beige du corps d’Ulysse et de ses compagnons ou l’ocre de l’écume sont dominées par les couleurs foncées comme le noir des pierres à la gauche ou le brun de Scylle. Deux autres aspects rendent le tableau sombre. L’un sont les voussures indéfinies à la marge gauche. Je pense que Füssli voulait décrire des pierres, mais ils me semblent comme du limon qui roule à travers le tableau et qui bientôt délogera Ulysse de la peinture. L’autre est l’obscurité de Scylle qui n’est pas complètement montrée, mais qui semble disparaître en haut du tableau. Cela la rend plus grande et menaçante.

Dans l’ensemble cette oeuvre de Johann Heinrich Füssli me plaît beaucoup à cause de deux aspects: J’aime des tableaux ou des vases ou d’autres oeuvres qui nous présentent les mythes ou aussi la vraie histoire d’un autre point de vue et qui nous ouvrent des mondes fascinants. Ils sont comme des vieilles télévisions qui nous montrent la réalité ou l’irréalité qu’on ne peut d’ordinaire que lire et s’imaginer. Ils nous permettent un élargissement de nos horizons. L’autre aspect est la composition de la peinture qui me semble très réussie à cause de l’assortiment des couleurs et des teints.