Lukas Germann // Niklaus Stöcklin (1896-1982) // Ile de Porquerolles (1923)

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L’île de Porquerolles appartient à la chaîne d’îles d’Hyères proches de la Côte d’Azur. Moi, depuis que je suis né, je passe presque toutes mes vacances d’été à la Côte d’Azur. De là on a une belle vue sur ces îles. J’ai déjà été sur l’île de Port-Cros, une des îles d’Hyères et je me suis décidé pour ce tableau, parce que je connais les îles, on pourrait dire, „personnellement“.

En été, l’aspect paradisiaque des îles cache la violence des vents qui peuvent s’abattre rapidement (ce que j’ai vécu moi-même sur l’île de Port-Cros). De plus ces îles sont « mal pavées » comme disent les marins et les petites îles rocheuses fourmillent. Ces conditions physiques expliquent les nombreux naufrages qui avaient lieu autour de ces îles et les innombrables épaves qu’on y trouve. Les îles d’Hyères étaient mentionnées très tôt sur les cartes nautiques et Christophe Colomb les a déjà connues comme des amers utiles à la navigation. En 600 avant J.C. venaient régulièrement de Marseille (Massalia, une colonie grecque) des bateaux qui y faisaient une pause. Un de ces bateaux a fait naufrage à Porquerolles. L’épave qu’on a trouvée transportait des vases grecs qui étaient destinés à la vente en Extrême-Orient. Les îles représentaient une escale appréciée sur la route du cabotage international entre l’Italie et l’Espagne. Un second navire chargé d’amphores de Marseille montre la distribution du vin produit en territoire marseillais. Des autres épaves dans les eaux d’Hyères, mais aussi quelques amphores isolées à Porquerolles et à Port-Cros illustrent cette longue période du monopole du vin de Marseille et la continuité de la fréquentation des îles par les marins grecs. À partir du 7ème siècle, les îles se sont désertifiées et au 8ème siècle, elles servaient de base aux pirates et corsaires.

La première moitié du 17ème siècle a été une période de construction intense car la menace espagnole était forte. De cette époque datent plusieurs forts sur les îles.

Au 19ème siècle, les ennemis n’étaient plus les Espagnols, mais les Anglais qui étaient les maîtres des mers. À cause de la politique de défense des côtes méditerranéennes, décidée par Napoléon, nombreux édifices militaires sont nés. Les forts aujourd’hui sont aménagés ou en cours de restauration. Dans le même siècle, plusieurs propriétaires s’y sont succédé. Le dernier d’eux était Monsieur Fournier qui a acheté la totalité de l’île en 1912 pour 1’000’100 francs. Il a entrepris des grands travaux agricoles, a développé la production de vin, les cultures d’agrumes, le maraîchage et l’élevage. Porquerolles disposait des plus grosses installations viticoles du département. Fournier a ouvert routes et chemins, a planté l’eucalyptus, des mimosas, des pins parasol et des cyprès. Il a installé une usine électrique, une épicerie, une coopérative et un dispensaire. En1935 Monsieur Fournier est mort. L’état a acquis presque la totalité de l’île en 1971. Elle est devenue un site classé qui est géré par le Parc National de Port-Cros.

Le conservatoire botanique de Porquerolles est devenu national en 1990. Il gère 180 ha de terres agricoles, héberge 2000 gènes de plantes d’espèces sauvages, collectionne des espèces rares, sauvages ou endémiques d’arbres fruitiers, figuiers, fruits à noyau et agrumes. Deux cents personnes vivent sur l’île de Porquerolles.

Sur le tableau: Le grand écueil représente pour moi l’aventure de l’île car il est si raide et rocheux. Il y a aussi un phare qui me rappelle un peu à un des vieux forts bien que le pylône d’électricité nous fait descendre au présent. On voit la mer large et on peut s’imaginer les navires anciennes frayant leur chemin. Les arbres et buissons se penchent un peu vers la droite, peut-être il y avait un vent fort quand Niklaus Stöcklin a peint le tableau. Pour moi on voit le chaleur de l’été parce que les couleurs sont plutôt claires et chaleureuses.

J’aime beaucoup la côte d’Azur, la mer et le climat méditerranéen. Il m’a plu aussi sur l’île de Port-Cros même si les vents forts étaient un peu fatigants. J’y ai senti une atmosphère très aventureuse et je me suis imaginé les pirates. L’île de Port-Cros a aussi appartenu à une femme et la possibilité de posséder une île m’a fasciné. Si seulement je pouvais acheter une île…