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La femme été-bourgeoise

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Bonjour. J’aimerais me présenter, comme vous m’observez à la loupe, vous avez bien choisi, je suis fameuse d’être la plus belle et la plus charmante dame ici, dans cette tristesse de Kunsthaus, je vous expliquerai pourquoi c’est triste à la fin. Je m’intitule Mme Onitta de Grande Espanita chez Rhône. Naturellement vous vous demandez pourquoi au monde entier une femme d’une telle beauté et du premier état finit dans une maison si basse. Alors je vais vous le décrire in extenso.

Tout cela a commencé en 1915, à Nice. Mes parents étaient des pauvres ouvriers mais ils avaient de la chance à la bourse et pouvaient m’offrire une jeunesse pendant laquelle j’avais la possibilité d’avoir beaucoup de luxe. Moi pourtant, je n’ai pas réalisé ce privilège et je ne l’ai pas apprécié. Alors, quand j’avais dix-huit ans, j’ai commencé à admirer les gens de haut lignage. Ils avaient une telle dignité et un esprit saillant que je ne savais plus ce que j’étais ou qu’elle importance j’avais à côté d’eux. Sous peu j’étais en train de perdre ma identité. J’ai développé l’ambition de devenir noble, mais cela ne restait pas seulement une ambition, je me suis laissé emporter dans une passion ou plutôt une contrainte. Je me suis distancée de mes parents, de ma famille et de mes amis. J’étais décidée à devenir une autre personne, plus Julie Carrefour mais Mme La Baronne.

Logiquement cela n’était pas simple, mais j’avais déjà fais le premier pas en quittant les gens qui m’avaient connue. La prochaine action serait de me donner une nouvelle coiffure et un nouveau style de vêtements. Je me suis décidée pour des cheveux courts comme c’était en vogue ainsi que pour des vêtements qui soulignent ma belle taille avec des grands coussins sur les épaules. J’avais bien fait attention chez les nobles et je savais qu’il fallait être complètement pâle. Comme je pensais qu’il fallait d’un petit peu de couleur, j’ai acheté un collier rouge et bien sûr aussi une petite couronne de la même couleur (je ne la porte jamais parce qu’elle coûtait si cher). Avec cette nouvelle apparence j’ai pris d’assaut les cœurs des nobles et bourgeois à Paris (Je n’aurais jamais imaginé que c’était si simple...). A l’encontre de mes attentes, moi personnellement, je n’étais pas heureuse. Quelque chose manquait encore... Il fallait que je croie être noble, c’est moi qui devais être convaincue. Rien de plus simple que cela ! Je ferais faire un portrait de moi-même pour la mettre à côté de mes ancêtres (imaginaires). J’ai cherché un peintre qui faisait des portraits bon marché. Voilà Monsieur Th. Eble. Il m’a promis de peindre une œuvre mémorable. Moi j’ai rhabillé mes costumes nobles et reconstruit la coiffure la plus belle. Il m’a saluée et a commencé à peindre. Et après: le choc !! Je vous assure, quelle attaque, quel acte impertinent.... c’était un Cubiste !! J’avais l’air d’une Picasso... Un oeil était libre dans l’espace, ma tête semblait être une concombre avec de la paille ! Je ne savais pas quoi dire, j’ai crié...ce n’est pas moi... comment allais-je convenir à mes ancêtres... j’ai pris le pinceau qui m’a défigurée et je l’ai enfoncé dans ma poitrine. C’est comme cela que je suis morte... Et maintenant mon fantôme y reste, près de mon image, pas dans le hall des aïeuls, mais dans ce Kunsthaus.