Jeanine Häusermann // Wilfrid Moser (1921-1997) // Assemblage peinture (Métro) (1965-67)

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« Vous ne pouvez pas savoir ce qui s’est passé dans ma vie de peintre. » C’était toujours la première phrase que mon grand-père disait quand il commençait à raconter une histoire de sa vie. Mon grand-père était un peintre, mais pas un peintre normal, non, toutes ses œuvres avaient eu une histoire et je les connaissais toutes, parce que mon grand-père me les toujours a racontées. Oui, mon grand-père avait une imagination formidable et j’aimais écouter ses histoires. J’en ai oubliées beaucoup, mais celle de l’image de pluie, je peux vous la raconter comment si cela avait été hier !

C’était un beau jour de printemps quand mon grand-père travaillait dans son atelier. À ce temps-là il n’était pas encore connu. Il avait toujours eu un désordre dans son atelier, ça veut dire que toutes les images qu’il avait peintes, il les a mises au fond, pour qu’ils puissent sécher. Alors on devait être très prudent quand on voulait entrer dans son atelier. Ce jour-là un gros homme morose est venu chez mon grand-père. Il s’est approché de lui sans prendre égard aux autres images qui étaient au fond. Il s’est comporté comme un éléphant et mon grand-père est devenu très furieux, mais il n’a dit rien, parce que c’était le maire et on ne devait jamais se plaindre de lui. Mon grand-père et Monsieur Bouteller, c’était le nom du maire, avaient été dans la même classe, Monsieur Bouteller s’est toujours comporté comme s’il était le roi, mon grand-père l’a détesté. „He, j’ai besoin d’une oeuvre! Tu as deux heures de temps pour le peindre, j’en ai besoin, parce que j’ai oublié qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma femme! Tu dois le faire, mais tout de suite!“ Ni de salutation ni de question. Monsieur Bouteller n’a jamais demandé, il donnait seulement des ordres. Mais ce jour-là mon grand-père n’avait pas de temps, parce qu’une femme lui avait passé une commande. Elle la lui avait téléphoné la vielle et voulait qu’il peigne une œuvre avec le village dessus. Quand mon grand-père nous a raconté pour la première fois de cette femme, ses yeux ont commencé à briller et tout de suite nous avons su que cette femme devenait importante pour lui. C’est clair qu’il préférait peindre le tableau pour la femme que celui pour le maire stupide, mais Monsieur Bouteller lui a promis beaucoup d’argent, et aussi mon grand-père était seulement un homme et avait besoin d’argent et à la fin il a consenti à peindre l’ouvrage pour Bouteller. C’était aussi parce qu’il connaissait la femme du maire, c’était une amie à lui et il avait de la pitié avec elle. Pourquoi est-ce qu’elle avait épousé cet homme…..Il ne pouvait jamais comprendre cela. Mais entre temps il n’avait plus de place dans son atelier pour sécher le tableau pour la femme du téléphone, alors il a mis ce tableau dehors. Il voulait le finir après.

Vous devez savoir que si mon grand-père a peint une oeuvre il n’a pas entendu un seul bruit, il était dans son monde et personne ne pouvait le déranger. Il était comme en transe. Et pour cette raison il n’avait pas remarqué qu’il avait commencé à pleuvoir. Quand il a fini le tableau d’anniversaire, il a vu avec terreur qu’il pleuvait. Tout de suite il a couru dehors, mais c’était trop tard, il ne pouvait plus rien faire pour sauver le tableau de la dame, on pouvaient seulement voir des couleurs du village qui s’écoulaient. Il ne savait plus quoi faire, il n’avait plus le temps de peindre une autre oeuvre. Il devait dire la vérité à la dame. Bientôt la cloche a sonné et une belle dame était debout devant lui. „Allô, je cherche Monsieur Moser.“ C’était les premiers mots de Marie, comme mon grand-père m’a raconté. Marie m’avait regardé de ses yeux noirs, je ne pouvais plus dire un seul mot! Après un instant de silence j’ai répondu d’un air troublé „Oui, c’est moi, est-ce que je peux vous aider?“ Quelle question bête, je savais exactement qui était cette femme. La femme du téléphone. Elle m’a raconté pourquoi elle était ici, mais je n’ai pas écouté ses mots, j’ai seulement regardé sa belle bouche et ses lèvres. J’ai su tout de suite que c’était la femme de mes rêves. C’étaient les mots de mon grand-père quand il m’a raconté l’histoire, et je pouvais voir après vingt ans qu’il était encore fasciné de cette femme. C’était la première fois que mon grand-père a parlé de ma grand-mère. Et qu’est-ce qui était du tableau? Ma grand-mère était fascinée par cette oeuvre, parce qu’elle disait qu’elle n’avait jamais vu le village sous ce aspect. Ce tableau était accroché dans sa maison jusqu’à ce que les deux sont morts. Mon grand-père a dit parfois que c’était son plus belle œuvre.